L’e-mail est une composante essentielle du marketing digital et de la communication des organisations. Il a creusé son sillon et gagné sa place dans le cœur des clients. Il est au centre de nombreuses opérations, sur une multitude d’appareils et d’environnements.
Avec plus de 4 milliards d’utilisateurs actifs dans le monde en 2024, l’emailing ouvre des occasions commerciales en or aux entreprises et, malheureusement, offre une vaste surface d’attaque. Il est une cible constante des cyberattaques depuis sa naissance. Et la situation empire chaque année. Voyez plutôt les statistiques récentes :
- Près de 60 % des organisations subissent des tentatives d’hameçonnage chaque semaine ou chaque jour.
- Plus de 3 milliards d’e-mails d’hameçonnage sont envoyés chaque jour.
- 35 % des attaques par rançongiciel arrivent par e-mail.
- Les cyberattaques coûtent aux entreprises du monde entier des milliards de dollars.
Les recherches montrent une progression inquiétante des cybermenaces qui passent par l’e-mail. On observe une hausse saisissante des campagnes d’hameçonnage, des fuites d’informations sensibles, des montages Business Email Compromise (BEC) et de toutes sortes de fraudes sophistiquées, parfois alimentées par l’IA.
La menace est réelle et grandit. Comme les cybermenaces continuent d’évoluer, des mesures solides de sécurité e-mail comptent plus que jamais. Quelle que soit la taille de votre entreprise, combattre ces menaces est une priorité absolue.
La bonne nouvelle, c’est que vous n’êtes pas seul. Il existe des instruments éprouvés pour renforcer votre sécurité e-mail. L’authentification des e-mails est l’un d’eux. C’est un mécanisme de défense critique pour le canal e-mail, qui repose sur plusieurs protocoles régulièrement mis à jour pour créer un environnement sûr.
Voyons la définition et l’intérêt de mettre ce mécanisme de défense au service de votre emailing, puis les bonnes pratiques d’authentification des e-mails.
Qu’est-ce que l’authentification des e-mails ?
L’authentification des e-mails désigne les solutions techniques et les standards qui permettent d’inspecter et de vérifier la correspondance numérique. C’est un processus en plusieurs étapes qui valide la légitimité et l’intégrité de la source de l’expéditeur, ainsi que le versant technique du message.
L’authentification des e-mails permet au serveur de messagerie destinataire de trancher trois critères décisifs : la newsletter vient-elle d’une source de confiance, le message provient-il bien de la personne indiquée dans le champ « From », et l’e-mail a-t-il été modifié en transit ?
En pratique, les entreprises utilisent des standards techniques pour rendre cette vérification possible. Elles introduisent certains réglages dans leurs serveurs DNS pour compléter SMTP et aider les serveurs de messagerie à décider du sort de la correspondance entrante. Cinq standards clés composent l’authentification des e-mails. Regardons-les de plus près.
Les types d’authentification des e-mails
L’authentification des e-mails s’appuie sur plusieurs standards éprouvés et largement adoptés : SPF, DKIM, DMARC, ARC et BIMI. S’ils manquent ou sont mal configurés, le serveur de messagerie destinataire lève un drapeau rouge et traite l’e-mail avec prudence. Comprenez les bases de chacun pour voir comment ils aident à combattre les cybermenaces et à préserver un environnement sain dans le canal e-mail.
L’adoption reste toutefois inégale. Sur les domaines que nous testons, 90 % publient un enregistrement SPF valide et 87 % signent leurs envois avec une clé DKIM fonctionnelle, mais seuls 58 % publient une politique DMARC : 42 % n’en ont toujours aucune. Autrement dit, la plupart des expéditeurs couvrent les deux premières couches et s’arrêtent avant celle qui les relie.
SPF
Sender Policy Framework fait partie des standards d’authentification des e-mails les plus populaires, les plus reconnus et les plus largement adoptés. C’est un mécanisme complexe et puissant, pionnier des validations fondées sur le domaine.
L’objectif principal de SPF est de vérifier l’expéditeur de la newsletter. Il donne aux professionnels de l’emailing, aux organisations et aux propriétaires de domaines les moyens de publier une liste d’adresses IP ou de sources précises autorisées à envoyer en leur nom.
Quand le message part, l’adresse IP du serveur émetteur est inscrite dans l’adresse Return-Path. Le serveur de messagerie destinataire recherche les sources d’envoi autorisées pour cette adresse IP. Si elle figure sur une liste blanche, le message est validé. Sinon, l’authentification SPF échoue et un drapeau rouge se lève.
DKIM
DomainKeys Identified Mail est un autre standard d’authentification populaire que beaucoup d’entreprises adoptent pour sécuriser leur canal e-mail. Il garantit que le contenu du corps de l’e-mail n’a pas été modifié en transit.
DKIM tire le meilleur de la cryptographie. Il génère des paires de clés publique et privée sécurisées pour chaque message. La clé privée encode les en-têtes du message et crée une signature unique sous forme de hachage, ajoutée à ces en-têtes. Seul l’ESP ou l’autorité de signature connaît la clé privée.
La clé publique associée à la clé privée est stockée dans le DNS du domaine. Le serveur destinataire y accède pour vérifier la signature en décodant le hachage. Si le décodage réussit, le domaine signataire assume la responsabilité de ce contenu, qui peut donc être considéré comme fiable. Sinon, le message est peut-être corrompu.
DMARC
Domain-based Message Authentication, Reporting, and Conformance est le troisième protocole d’authentification le plus populaire, et il combat l’usurpation d’identité. Il s’appuie sur le travail des deux standards précédents, SPF et DKIM, en les réunissant dans un cadre commun et en renforçant de ce fait leurs mesures de sécurité. Il confronte en somme ce que ces standards valident avec l’en-tête que l’utilisateur final reçoit, et s’assure que le domaine du champ « From » est bien vérifié.
Le plus intéressant, c’est que DMARC permet aux propriétaires de définir dans leur DNS une politique pour les messages qui échouent à l’authentification. Il contient les instructions sur ce que le serveur de messagerie destinataire doit en faire.
En plus de cela, le serveur destinataire génère un rapport et le renvoie à l’expéditeur (le propriétaire du domaine) pour l’informer des messages qui ont passé ou raté les contrôles d’authentification. Les entreprises disposent ainsi de la connaissance nécessaire pour améliorer leurs mesures de sécurité la fois suivante.
Le seul inconvénient, c’est que DMARC est considéré comme réussi dès que l’un des deux protocoles (SPF ou DKIM) passe.
ARC
Le protocole Authenticated Received Chain est un standard d’authentification moins connu et moins adopté. C’est pourtant un complément vivement recommandé à SPF, DKIM et DMARC. Il ajoute une couche de sécurité qui renforce la sûreté du canal e-mail en traitant les fragilités possibles des flux indirects.
ARC a été conçu pour préserver l’authentification des e-mails à travers plusieurs sauts, en scellant les résultats d’authentification des intermédiaires (listes de diffusion ou redirections de compte) qui transmettent un message vers sa destination finale, ce qui vérifie son identité ou expose les intrus.
Il compte trois composants principaux : l’en-tête ARC Authentication-Results, qui contient les résultats des contrôles SPF, DKIM et DMARC ; l’en-tête ARC Message Signature, qui contient un instantané des données critiques de la newsletter comme le contenu des champs « to », « from », « subject » et le corps du message ; et l’en-tête ARC Seal, avec les informations d’en-tête décisives.
Le serveur destinataire contrôle le résultat ARC et le DMARC pour s’assurer de la légitimité des e-mails transférés.
BIMI
Les Brand Indicators for Message Identification sont le parent pauvre des standards d’authentification, celui que les entreprises négligent le plus souvent. Ils n’agissent pas comme une solution technique de vérification classique, mais ils contribuent à la sûreté du canal e-mail par une confirmation visuelle, elle aussi classique.
BIMI donne aux expéditeurs ou aux propriétaires de domaines des moyens simples de désigner une image de marque, qui apparaît à côté des messages authentifiés. Certains clients de messagerie l’affichent comme photo de profil, d’autres montrent les initiales de l’expéditeur. Les humains y reconnaissent sans effort un indice visuel d’authenticité.

L’authentification des e-mails : extrait visuel de l’infographie « SPF, DKIM and DMARC Explained » d’Inboxally
Comment fonctionne l’authentification des e-mails ?
SPF, DKIM, DMARC, ARC et BIMI peuvent paraître ardus, entre leur nature d’acronymes et leur origine technique. Ce qu’ils font est pourtant assez simple. Voici le scénario de base de l’authentification des e-mails à l’œuvre.
Étape 1. L’expéditeur de l’e-mail (l’organisation ou le propriétaire du domaine) met en place des mesures de sécurité via les protocoles. En général, il authentifie ses adresses IP avec SPF, configure les signatures DKIM des messages, protège le domaine avec l’authentification DMARC, publie des enregistrements BIMI et active les messages ARC en laissant les serveurs signer les en-têtes ARC.
Étape 2. Le serveur de messagerie destinataire lance un contrôle d’authentification. Il récupère les données techniques, examine les détails de l’e-mail entrant et les compare aux règles définies par le propriétaire du domaine.
De façon générale, il vérifie l’e-mail avec les protocoles SPF et DKIM. Si aucun des deux ne passe, il applique la politique DMARC. Si au moins un des deux s’avère valide, le serveur de messagerie décide du sort du message. Il peut le délivrer, le signaler, le placer dans le dossier spam ou même le rejeter. Si DMARC est correctement paramétré, il génère aussi un rapport et l’envoie au propriétaire de la newsletter.
Si ARC est correctement configuré, le serveur lance également le contrôle de ce facteur, qui peut modifier la décision sur le destin du message.
Pourquoi mettre en place l’authentification des e-mails
Il est vivement conseillé aux entreprises d’installer l’authentification des e-mails dans leur emailing, parce que Simple Mail Transfer Protocol (SMTP) n’intègre aucun protocole d’authentification. Il a été conçu pour transférer des messages, pas pour les protéger des pirates. Il ne peut pas combattre les cyberattaques et laisse le canal ouvert aux menaces. Il est donc critique de déployer des mesures séparées et de les améliorer avec les bonnes pratiques d’authentification et des solutions à jour.
Autre bonne raison : vous devez authentifier vos e-mails pour atteindre les abonnés Gmail et Yahoo de votre liste. L’an dernier, Gmail et Yahoo ont annoncé de nouvelles règles pour tous les expéditeurs, « ordinaires » comme « en masse ». Les deux fournisseurs de messagerie exigent de chaque expéditeur qu’il sécurise ses e-mails avec les protocoles d’authentification (DKIM, SPF, DMARC). Maintenir un taux de plaintes bas et suivre la réputation d’expéditeur sont aussi vivement recommandés.
Établir la confiance entre expéditeurs et destinataires est une autre raison d’intégrer l’authentification des e-mails à vos habitudes. Les entreprises qui respectent les protocoles de vérification garantissent que leur identité est vérifiée. Elles assurent aussi la confidentialité, l’intégrité et la disponibilité de leurs messages. De quoi bâtir la confiance des abonnés et démontrer une position socialement consciente.
Par ailleurs, adopter les protocoles d’authentification signale aux fournisseurs de messagerie que les e-mails sont légitimes et que l’entreprise est un acteur responsable, respectueux de la loi, fiable et attentif à ses destinataires. Cela peut lever certains blocages sur le chemin de la boîte de réception. Avec DMARC et ARC correctement configurés, l’entreprise dispose en plus d’une aide précieuse pour diagnostiquer et analyser ses flux e-mail.
Ce n’est pas tout. En mettant en place l’authentification des e-mails, les entreprises améliorent leur communication avec leurs clients en garantissant un espace sûr et une conversation ininterrompue. D’où quelques bonus supplémentaires qui se traduisent par de vrais bénéfices pour l’entreprise. Notamment :
- Moins de bounces et de signalements de spam.
- Une meilleure délivrabilité.
- Une réputation d’expéditeur élevée.
- Une protection contre la mise sur blacklist.
- De meilleurs indicateurs clés, comme le taux d’ouverture et le taux de clics, qui maximisent le ROI des campagnes.
- Des relations client renforcées.
- Une confiance accrue dans la communication avec les abonnés.
- Une crédibilité rehaussée et un meilleur engagement des clients.
- Le respect des standards du secteur, pour éviter les problèmes juridiques, réglementaires et les amendes.
Enfin, il est crucial de noter que configurer des protocoles de sécurité est une chose, et appliquer les bonnes pratiques d’authentification une autre. Suivre les recommandations professionnelles les plus récentes joue un rôle décisif pour affronter des cybermenaces mouvantes, en atténuer les conséquences plus efficacement et rendre l’entreprise proactive dans son combat pour un canal e-mail sûr. Voyons les meilleurs conseils des organisations et des spécialistes de la sécurité, ceux qui vous donneront un avantage stratégique.

L’importance de l’authentification des e-mails : extrait visuel de l’infographie « SPF, DKIM and DMARC Explained » d’Inboxally
Mais commençons par le commencement : comment contrôler l’état de votre authentification e-mail pour repérer les points à améliorer ?
Comment contrôler l’état de votre authentification e-mail ?
Le moyen le plus simple de contrôler l’état de votre authentification, c’est de vous envoyer un e-mail à vous-même. Choisissez le domaine que vous voulez tester et lancez l’envoi. Une fois la newsletter reçue, cherchez les mentions SPF, DKIM et DMARC dans l’en-tête du message.
Gmail propose par exemple un tableau bien formaté où vous pouvez inspecter tous les champs vitaux : « From », « To », « SPF », « DKIM » et « DMARC ». L’enregistrement BIMI (le logo de la marque) s’affiche en plus à côté du message dans la liste. Il vous suffit d’ouvrir l’application web Gmail, de cliquer sur votre message, d’appuyer sur le bouton « Plus » à côté de l’icône « Répondre », puis de choisir « Afficher l’original ».
Et s’il vous faut une façon plus rapide et plus pratique de tester votre authentification ou de repérer les causes d’un échec DMARC ? La meilleure solution est d’utiliser un outil dédié comme Unspam.
Unspam est l’instrument de référence du secteur. C’est la façon la plus simple, la plus rapide et la plus facile de contrôler l’état de votre authentification et de repérer les incohérences en amont. Il embarque des outils pratiques pour contrôler la validité et la justesse de vos enregistrements SPF, DKIM et DMARC.
Envoyez simplement l’e-mail au compte indiqué. La plateforme inspecte la newsletter, génère un rapport et livre les informations sous une forme digeste, pour que la personne la moins technique du monde puisse identifier la racine possible du problème. Elle fournit en plus des conseils actionnables et des analyses professionnelles pour résoudre les problèmes et ramener vos e-mails en boîte de réception.
Avec une équipe de consultants en délivrabilité aguerris, Unspam vous donne tous les outils pour contrôler votre authentification et sécuriser votre communication numérique avec vos abonnés.

Vous pouvez sinon essayer des outils en ligne comme le DMARC Checker. Ils ne vous apporteront pas les analyses et les aides d’Unspam, mais ils peuvent servir de point de départ à vos contrôles d’authentification.
Les bonnes pratiques d’authentification des e-mails
Les bonnes pratiques d’authentification garantissent un fonctionnement optimal du versant technique du canal e-mail et une sécurité à jour, qui protège efficacement des cybermenaces. Nous avons réuni les meilleurs conseils du secteur en plusieurs catégories. Commençons par les pratiques générales.
Les pratiques générales
Les pratiques générales pour une meilleure authentification sont les suivantes.
Mettez en place tous les protocoles de sécurité. L’adoption mondiale de BIMI et d’ARC reste faible, mais ils protègent quand même. Adoptez donc tous les standards, sans exception.
Tenez-vous à l’écart des blacklists.
Entretenez une réputation d’expéditeur élevée.
N’utilisez qu’un serveur dédié.
Utilisez des connexions chiffrées.
Utilisez Unspam pour contrôler régulièrement votre authentification et simuler une livraison d’e-mail afin de déceler les faiblesses possibles de votre infrastructure.
Inspectez la santé de votre environnement technique et améliorez-la avec un logiciel de sécurité professionnel.
Utilisez une adresse et un nom d’expéditeur constants. Rendez-les reconnaissables à votre marque.
Faites un test de vos enregistrements SPF et DMARC avec des échecs « hard ».
Attribuez un enregistrement PTR à chaque adresse IP que vous utilisez pour envoyer des e-mails. C’est le minimum attendu par les serveurs de réception et, sur les adresses IP d’envoi que nous testons, 98 % ont déjà un reverse DNS valide, si bien que les rares exceptions se remarquent pour de mauvaises raisons.
Utilisez des valeurs Time-to-Live (TTL) courtes pour vos enregistrements DNS.
Surveillez vos rapports DMARC, traitez les problèmes et adaptez SPF et DKIM en conséquence.
Passez en revue et mettez à jour vos enregistrements DNS régulièrement. Vérifiez que vos enregistrements SPF, DKIM et DMARC sont à jour. C’est particulièrement important quand votre prestataire e-mail change quelque chose ou quand vous modifiez votre infrastructure d’envoi.
Vérifiez que les services tiers sont correctement authentifiés.
Déployez l’authentification des e-mails sur tous vos systèmes et dans tous vos services.
Respectez les réglementations et les pratiques des autres régions si vous dirigez une organisation multinationale ou servez des clients à l’étranger.
Trouvez l’équilibre entre des politiques d’authentification strictes et le confort d’usage. Comme DMARC peut provoquer le rejet d’e-mails pourtant légitimes, il est vital de le tester et de le surveiller pour éviter les mauvaises surprises à vos campagnes.
Suivez l’activité e-mail de l’organisation en regardant qui envoie et qui reçoit.
Offrez à vos employés des occasions de se former aux bonnes pratiques de sécurité e-mail.
SPF
Comme le protocole restreint les adresses IP autorisées à envoyer depuis votre domaine, il forme la première couche de défense contre l’usurpation. Suivez ces conseils pour qu’elle soit redoutable.
Publiez des enregistrements SPF pour les domaines MAIL, FROM et EHLO. Ils doivent être alignés sur les derniers standards.
Gardez vos enregistrements SPF aussi précis, simples et propres que possible. Ne les surchargez pas d’hôtes multiples et n’autorisez pas plus d’adresses IP que nécessaire. Plutôt que d’autoriser toutes les sources, nettoyez la liste et ne gardez que celles qui sont critiques pour votre infrastructure.
Créez un seul enregistrement SPF universel pour plusieurs domaines partageant la même infrastructure. Utilisez toutefois le moins possible de directives « include » et évitez les imbrications.
N’utilisez jamais le mécanisme « +all ». Autoriser n’importe quel expéditeur à envoyer en votre nom rend SPF inutile. Comme des acteurs malveillants peuvent facilement forcer votre serveur et votre domaine, vous risquez d’héberger une activité malveillante sans le vouloir. La seule façon d’utiliser « all » est dans les mécanismes « -all » ou « ~all ».
Gardez les plages de notation CIDR de vos enregistrements SPF entre /30 et /16. En dessous, les serveurs destinataires peuvent être conduits à dévaluer ou à ignorer vos enregistrements.
Publiez « -all » sur les domaines depuis lesquels vous n’envoyez pas d’e-mails ou qui sont pour l’instant « parqués ».
Avant d’envoyer, vérifiez que tous vos domaines actifs figurent bien dans l’enregistrement SPF.
DKIM
En prouvant la propriété d’un message par une signature encodée, DKIM forme la deuxième couche de protection. Suivez ces conseils pour le configurer correctement et réduire ses points faibles.
Vérifiez que le serveur DNS peut prendre en charge de longs enregistrements TXT, par exemple via EDNS0 ou des récupérations en TCP.
Choisissez des clés DKIM d’au moins 2048 bits. La longueur de 1024 bits est très répandue, mais plus vos clés DKIM sont longues, plus il est difficile de les casser. Et tout ce qui fait moins de 1024 bits est complètement ignoré côté réception.
Faites tourner régulièrement vos clés cryptographiques DKIM. Si vous envoyez des données sensibles ou des millions d’e-mails par mois, il est conseillé de changer les clés au moins une ou deux fois par an.
Ajoutez deux signatures à un e-mail sensible, avec deux sélecteurs différents. Si l’une de vos clés est compromise, l’autre garantit que l’e-mail passe le contrôle DKIM.
N’utilisez pas une seule clé pour tous vos clients. En règle générale, les entreprises qui passent par un ESP prêchent ces méthodes. La bonne règle consiste à attribuer une clé unique à chaque client. Demandez à l’équipe de votre ESP d’adopter cette pratique.
Utilisez des clés DKIM compatibles avec le serveur de messagerie du destinataire.
Signez vos messages de bounce avec DKIM.
DMARC
En réunissant SPF et DKIM dans un cadre commun et en fournissant un mécanisme de reporting, DMARC renforce les protocoles d’authentification de base et fait office de protection supplémentaire. Voici quelques conseils de professionnels pour en libérer le potentiel.
Tirez le meilleur du mécanisme de reporting de DMARC. Utilisez des outils professionnels pour traduire les fichiers XML dans une langue compréhensible. Vous pourrez les analyser plus efficacement et obtenir une vision plus fine de la santé de votre canal e-mail.
Vérifiez que chaque e-mail présente un alignement d’identifiants. Cela ajoute une couche de protection, rend l’e-mail plus légitime et renforce la confiance qu’il inspire, donc sa capacité à passer les mécanismes de sécurité du destinataire.
Faites un test de DMARC avec les réglages de quarantaine et de rejet.
Suivez le parcours classique de durcissement de DMARC, progressivement mais sûrement. Commencez par « p=none » pour recevoir des rapports sur toutes vos sources d’envoi. Ne passez à la quarantaine ou au rejet qu’après avoir franchi l’étape de surveillance avec succès.
Protégez les domaines et sous-domaines sans trafic. Les domaines « parqués » sont une cible de choix pour les pirates, puisque les entreprises leur prêtent moins d’attention. Ils s’usurpent facilement et servent à des activités malveillantes. En configurant DMARC pour vos domaines inactifs, vous pouvez repérer les cyberattaques parties de votre serveur et réagir immédiatement.
ARC
Comme il ajoute une couche de protection aux flux indirects, ARC est peut-être le dernier point auquel on pense. Il préserve pourtant l’authentification à travers plusieurs sauts et apporte une valeur de sécurité réelle. Pour une entreprise qui veut élargir son audience via les amis et les collègues de ses abonnés, c’est un standard décisif. Voici quelques conseils de professionnels à appliquer :
- Utilisez-le avec les mécanismes d’authentification répandus comme SPF, DKIM ou DMARC.
- Changez périodiquement vos clés ARC.
- N’approuvez que les intermédiaires en qui vous avez confiance.
- Limitez le nombre de signataires ARC.
- Contrôlez les rapports régulièrement pour repérer les problèmes éventuels.
BIMI
BIMI est encore en phase bêta, mais il a reçu de bons retours de Gmail, Fastmail, Yahoo, AOL et même d’Apple, qui a testé la fonctionnalité pour mesurer son effet sur la sécurité. Il implique aussi les gens dans l’effort qui rend le canal e-mail sûr, transparent et sain. Vous devriez donc adopter cette mesure sans hésiter. L’adoption reste rare (sur les domaines que nous testons, 99 % ne publient aucun enregistrement BIMI), donc le faire maintenant vous distingue du peloton.
Le meilleur conseil est de mettre en place ce standard en suivant toutes ses étapes décisives, qui sont nombreuses.
D’abord, vous devez obtenir un Verified Mark Certificate, une preuve supplémentaire de la propriété du domaine. Cela suppose d’acquérir un certificat Extended Validation et de prouver votre droit d’usage sur une marque déposée dans une juridiction compétente.
Ensuite, quand vous choisissez le logo de votre enregistrement BIMI, vérifiez qu’il correspond bien à la marque déposée. Il doit aussi respecter des critères techniques de base : être carré, posé sur un fond transparent et fourni au format SVG. Il doit également être petit et léger, moins de 32 ko.
Troisièmement, prouvez que votre entreprise est titulaire du nom de domaine.
Quatrièmement, refaites les étapes précédentes pour chaque cas, si vous avez plusieurs domaines et plusieurs logos.
Cinquièmement, publiez un enregistrement BIMI pour votre domaine dans le DNS.
Sixièmement, utilisez BIMI Inspector pour valider ou créer votre enregistrement BIMI, ou passez votre domaine dans notre BIMI Checker gratuit pour confirmer que l’enregistrement et le Verified Mark Certificate se résolvent correctement.
Enfin, entretenez une bonne réputation de domaine et d’adresse IP. Utilisez Unspam pour contrôler ces facteurs et apprendre à les améliorer.
Un dernier point
Appliquer les bonnes pratiques d’authentification demande aux entreprises d’identifier le personnel technique responsable de cette routine. Ces personnes doivent élaborer une stratégie complète de sécurité e-mail et documenter chaque étape, pour disposer d’une base solide quand un problème survient.
Les membres de l’équipe technique doivent en outre avoir un plan pour les situations d’urgence. Si l’une des paires de clés est compromise, par exemple, l’équipe doit déclencher une rotation de clés non planifiée et prévenir toutes les parties prenantes. Elle doit aussi garder quelques sélecteurs disponibles et changer les clés une par une, pour éviter que des e-mails légitimes soient rejetés.
Conclusion
Appliquer les bonnes pratiques d’authentification peut sembler relever de l’expertise d’un technicien, mais chaque professionnel de l’emailing devrait s’en charger, puisqu’il porte la responsabilité de la légitimité de sa correspondance numérique et de la sécurité de ses clients dans le canal.
Si quelque chose tourne mal, ce sera à lui de résoudre le problème, d’en atténuer les suites et parfois d’affronter les amendes. En fortifiant leur canal e-mail avec les bonnes pratiques d’authentification, les entreprises occupent une position proactive dans leur lutte contre les cyberattaques et dans leur quête d’un environnement sûr.
Au-delà de leur part de responsabilité, appliquer les bonnes pratiques d’authentification apporte de nombreux bénéfices qui aident les entreprises à réussir. Elles améliorent la délivrabilité, renforcent la réputation d’expéditeur, évitent la mise sur blacklist et les amendes, bâtissent des relations client saines, transparentes et fiables, amplifient la crédibilité de l’entreprise et augmentent l’engagement des clients, ce qui se traduit par un ROI et un chiffre d’affaires élevés.
Enfin, avec SPF, DKIM, DMARC, ARC et BIMI, les entreprises obtiennent le contrôle dont elles ont tant besoin sur ce qui se passe dans leur canal e-mail. Grâce aux rapports fournis par DMARC, elles savent comment corriger les problèmes et améliorer la sûreté.
Il leur faut encore déployer des mesures supplémentaires pour le matériel et les logiciels de leurs serveurs et de leurs domaines, comme installer une solution anti-malware avancée ou passer à la dernière version du pare-feu. L’authentification des e-mails peut malgré tout constituer une base solide pour créer un espace sûr pour les abonnés et assurer aux fournisseurs de messagerie et aux serveurs destinataires que l’entreprise est un acteur responsable, fiable et légitime.